Le jour où la cigarette électronique a débarqué dans les rayons, elle s’est affichée comme le ticket gagnant pour celles et ceux qui voulaient s’éloigner du tabac sans tout quitter d’un coup. Au fil des années, les discours se sont nuancés. Les études ont commencé à gratter le vernis : vapoter, ce n’est pas croquer dans une pomme bio. Les risques pour la santé sont bel et bien là, même s’ils ne ressemblent pas exactement à ceux du tabac traditionnel. Dernier point en date : un lien possible entre e-cigarette et dépression, mis à jour par une étude récente.
Tabagisme, vapotage et troubles de l’humeur
L’association entre cigarette et troubles psychiques ne relève pas de l’exception. Dès que la nicotine s’invite dans une vie, le risque de voir surgir anxiété ou épisode dépressif grimpe en flèche. Selon les statistiques, la proportion de difficultés psychologiques bondit de 70 % chez les fumeurs. Et chez ceux qui connaissent déjà la dépression, la dépendance s’accroche, transformant l’arrêt du tabac en parcours d’obstacles, parfois sans issue simple.
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Ce schéma, loin de rester cantonné à la cigarette classique, s’étend aussi à la cigarette électronique. La recherche réalisée en 2016 l’évoque sans détour : l’usage d’une e-cigarette pourrait doubler le risque de déclarer une dépression par rapport à la moyenne nationale. L’effet de la nicotine, même sous une forme réputée moins toxique, n’efface pas la vulnérabilité psychique.
Une vaste enquête menée auprès de près de 900 000 Américains s’est penchée sur ce lien : vapoter influence-t-il la survenue de troubles dépressifs ? Le résultat ne laisse pas indifférent. Les personnes interrogées ayant testé la cigarette électronique présentaient un nombre de diagnostics dépressifs plus que doublé par rapport aux non-utilisateurs. De plus, la fréquence de vapotage semble accentuer le phénomène. Ceux qui vapotent régulièrement affichent un profil où la dépression pointe plus souvent que chez ceux qui n’ont jamais touché à un dispositif électronique.
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Comprendre le lien : cause ou conséquence ?
Une question persiste. Difficile d’affirmer que le vapotage provoque la dépression. À l’inverse, rien ne permet non plus d’écarter pleinement cette hypothèse. Il est aussi tout à fait possible que des personnes déjà fragilisées psychiquement se tournent plus facilement vers le vapotage, comme échappatoire ou tentative de soulager une souffrance présente.
Un élément ressort des données scientifiques : la nicotine, un dénominateur commun. Son rôle dans l’installation ou l’aggravation des troubles dépressifs attire l’attention. Addictive par nature, la nicotine agit sur le cerveau, notamment sur la dopamine, la molécule du plaisir et de la motivation. Elle pourrait rendre l’esprit plus réceptif au stress ou perturber la gestion des émotions. Ce cocktail biologique, en s’installant au fil du temps, laisse la porte entrouverte à la spirale dépressive.
Impossible, à ce stade, de statuer sur la responsabilité exacte de la e-cigarette dans l’apparition des troubles. Ce qui transpire des études : rester vigilant sur la façon dont ces produits circulent, surtout auprès des jeunes et des personnes à la santé mentale plus fragile.
Le message des experts va dans ce sens : surveiller la consommation de cigarette électronique, en particulier chez les adolescents et les adultes concernés par ces pathologies. Les médecins sont invités à discuter systématiquement de l’usage de la e-cigarette avec leurs patients, notamment lorsqu’il est question de troubles de l’humeur, afin d’apporter un accompagnement si l’arrêt est souhaité.
Sources : Réseau JAMA, Association entre l’utilisation de la cigarette électronique et la dépression dans le système de surveillance des facteurs de risque comportemental, 2016-2017 ; Annals of Internal Medicine, Prévalence et distribution de l’utilisation de cigarettes électroniques chez les adultes américains : Behavioral Risk Factor Surveillance System, 2016

